Association Française pour le Production Fourragère

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Un demi-siècle d’évolution de l’élevage bovin. Bilan et perspectives

Paru en 2009 dans Fourrages n°200 (page 429 à 464)

Auteurs : Pflimlin A.

Co-auteurs : Béranger C., Faverdin P.

Mots-clefs : environnement, évolution, politique agricole, prairie, production laitière, production de viande, fourrage, prévision, histoire, diversité régionale, gestion du territoire, race bovine, race mixte, réflexion prospective

Résumé :

L'élevage bovin français représente environ le quart de la production agricole brute et valorise plus de la moitié de la surface agricole, principalement en prairies. Derrière cette stabilité apparente qui perdure depuis un demi siècle se cachent de profonds changements et notamment une forte diminution du nombre d'éleveurs avec des troupeaux plus grands et plus spécialisés, utilisant moins d'herbe et davantage de maïs ensilage. Le troupeau bovin principalement laitier jusqu'à la mise en place des quotas compte aujourd'hui plus de vaches allaitantes que de vaches laitières. Parallèlement il y a eu une évolution majeure en faveur des races les plus spécialisées en lait et en viande, aux dépens des races mixtes. Cependant le troupeau laitier moyen français s'agrandit moins vite que ceux des pays voisins du Nord et du Sud et sa conduite reste plus économe, ne valorisant plus toujours le potentiel génétique. Notre troupeau allaitant s'est également spécialisé avec des races pures et lourdes dont les broutards sont exportés vers l'Italie. Dans les deux filières, la poursuite de la spécialisation symbolisée par le tandem Holstein - Charolais, rencontre des difficultés quant à la conduite d'élevage, la valorisation des produits et l'entretien du territoire. Cette spécialisation permettant de produire le plus de lait ou de viande par vache et répondant à un marché peu différencié est discutée par rapport à l'évolution du contexte économique, sociétal, environnemental, réglementaire et politique.
La place du lait et surtout de la viande dans l'alimentation humaine pourrait être remise en cause au nom de la priorité à l'utilisation directe des céréales pour l'alimentation humaine, de la santé, du bien être animal . Les bovins peuvent aussi être à l'origine de pollution de l'eau, dans les régions d'élevage intensif, et de l'air, notamment comme émetteurs de méthane contribuant au changement climatique. Inversement, lorsqu'ils valorisent des surfaces en herbe et des territoires peu propices aux cultures, ils peuvent fournir des produits de haute valeur à la fois nutritive et symbolique, ils participent à la protection de l'environnement et de la biodiversité ainsi qu'au stockage de carbone dans le sol. Ces coproductions de biens publics essentiels restent encore trop peu rémunérés.
Mais pour faire plus de lait et de viande à l'herbe, il faudra redéfinir des types de vaches mieux adaptées à ces milieux beaucoup plus divers que les zones labourables. Il faudra aussi réfléchir à l'évolution souhaitable des structures et des tailles troupeaux en prenant davantage en compte le métier d'éleveur, le caractère multifonctionnel des élevages d'herbivores et en rémunérant mieux les services non marchands qui devront être précisés en fonction des priorités locales et régionales. Il faudra aussi revoir les démarches de la recherche, de la formation et du développement pour élaborer des programmes co-construits avec les acteurs régionaux et mobilisant des équipes interdisciplinaires dans la durée. Il faut enfin une PAC, assurant la sécurité alimentaire de l'Europe et favorisant la valorisation de tous les territoires.

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Dernière mise à jour le
15/06/2018